Vous êtes nombreux à nous le demander et nous y voici : nous avons testé le reflex numérique de la firme d’Osaka.
Nous avons également voulu réaliser ce test pour montrer que nous avons foi en l’avenir de cette grande marque, même si ses prochains reflex numériques seront badgés SONY. Ce qui nous fait être aussi confiant en l’avenir, c’est tout simplement que le parc d’optiques Minolta est le plus important au monde... SONY ne va sûrement pas laisser en jachère ce marché pour partie captif !
Tournons donc la page de ce triste épisode KONICA, qui a démontré, si besoin il faut, que le simple fait de débaptiser des appareils Minolta pour les renommer Konica-Minolta n’était pas suffisant.
Tournons donc vers le 5D et, comme à notre habitude, allons sur le terrain « voir » ce qu’il vaut.
Parce que nous vous livrons ce test bien en retard suite au lancement de ce reflex numérique, et pour essayer de nous faire pardonner, nous en avons profité pour tester quelques objectifs Minolta, à savoir :
Le 18-70mm f/3.5-5.6 DT (livré en kit avec le 5D)
Le 11-18mm f/4-5.6 DT
Le 18-200mm f/3.5-6.3 D
Le 50mm f/1.4
Le 50mm f/2.8 macro D
Le 5D est un 7D simplifié et nous voulions savoir si l’économie budgétaire n’handicapait pas les résultats photographiques.
Prise en main :
Si le 7D dérive du Dynax 7 argentique, il serait erroné de croire que le 5D ait pour origine le Dynax 5. En fait le 5D est bien une version dépouillée du 7D mais reste un modèle de qualité. Cela se voit lors de la prise en main : plus compact que le 7D, le Dynax 5D inspire confiance. Il en est de même quant aux commandes, à l’exception du pad sur le dos de l’appareil, qui émet un bruit inquiétant quand on l’utilise. Mais il a bien fonctionné pendant tout le test.
Les commandes sont simplifiées et ont clairement été conçues pour ne pas effrayer les nouveaux venus au monde du reflex numérique. Il n’y a rien à redire à cela et nous avons trouvé que les commandes étaient judicieusement disposées et la navigation dans les menus de l’écran de contrôle au dos de l’appareil n’a pas suscité de commentaire désobligeant.
Auto-Focus :
Après une semaine de test, nous n’avons pas eu à passer en mise au point manuelle... et nos images étaient nettes ! Preuve de l’excellence du système de mise au point automatique de Konica-Minolta.
Système anti-bougé :
Pour rappel, il est intégré dans le boîtier et c’est... génial !
Exposition :
Aucun souci à ce niveau, à l’exception des rendus de ciels très lumineux. En effet, ils ressortent pour partie avec une tonalité plus cyan/turquoise que bleue. Le seul moyen pour y remédier : utiliser un filtre neutre légèrement gris. Le 5D a donc des difficultés pour reproduire des bleus très brillants, à la limite de la sur-exposition. C’est tout de même dommage pour un appareil de ce prix ! Pour être tout à fait juste dans notre jugement, les images ne sont pas désagréables à regarder... c’est juste la couleur du ciel qui est bizarre et cela arrive très rarement.
De son côté, la balance des blancs est de qualité : les résultats sont dans l’ensemble convaincants mais certaines images bénéficieraient d’un peu de post-traitement.
Contrôle du bruit : si c’est à 100 iso que le rendu est le meilleur, on peut se permettre de monter jusqu’à 800 iso sans souci. Les images restent acceptables jusqu’à 1600 iso
Flash : le petit flash intégré n’est pas bien puissant mais il fait son travail pour le fill-in. Que peut-on lui demander de plus ?
Logiciel fourni : le Dimage Master Lite offre toutes les fonctionnalités nécessaires. Par contre, dans la pratique, il n’est pas fait pour traiter les images en RAW, ce qui est cohérent avec la philosophie de l’appareil.
En conclusion :
Avec le 5D Konica-Minolta propose un très bon appareil, à la fois sophistiqué et simple à utiliser, donnant, dans la très grandes majorité des cas, de bonnes images. D’autant plus qu’il intègre son système anti-bougé.
Finalement le 5D présente peu de différence avec le 7D. Celles qui sont les plus significatives sont la réduction des possibilités en bracketing automatique et la réduction de capacité de la capacité de mémoire tampon, ce qui réduit le nombre d’images qui peuvent être prises en rafale. Les autres restrictions, telles la prise PC ou la réduction de la vitesse de transfert de données, peuvent être contournées par l’achat d’accessoires peu onéreux.
En outre, la qualité de construction du 5D, est de bon aloi. Il lui manque juste l’accès direct à certaines fonctions, ce qui présente plutôt des avantages pour l’utilisateur peu expérimenté.
La qualité d’image est comparable à celle du 7D, c’est-à-dire d’un très bon niveau.
Alors, le choix est simple :
Vous êtes déjà équipé en optiques Minolta :
si vous souhaitez un appareil de qualité sans vous compliquer la vie, optez pour le 5D,
si, par contre, vous souhaitez un appareil plus évolué, permettant plus de finesse dans les réglages, passez au 7D. Ce qui est logique.
Vous n’êtes pas équipé en optiques Minolta et vous souhaitez accéder au monde du reflex numérique : le 5D est un choix de qualité et il se compare aisément avec les Canon EOS 350D, Nikon D50, Olympus E-500 ou Pentax *ist DS2. Il est, à nos yeux, le plus facile à utiliser avec des résultats dans la moyenne mais là où il est sans rival, c’est dans les prises de vue en « available light » : la conjonction du système anti-bougé et d’un bon rendu dans les hautes sensibilités en font la référence de la prise de vue par faible luminosité sans flash.
Au niveau des optiques :
Le 18-70mm f/3.5-5.6 DT (livré en kit avec le 5D) : la position à 18mm est à éviter : forts vignetage et distorsion. Ensuite tout va mieux. Très bon niveau de piqué. Une bonne optique à un prix très attractif.
Le 11-18mm f/4-5.6 DT : nous voulions à tout prix réaliser un test de cette optique car c’est le seul choix en grand angle pour les possesseurs de reflex Konica-Minolta. Faibles niveaux de vignetage et de distorsion à 11mm, ce qui est remarquable pour une telle focale. La situation s’améliore très fortement à 18mm. Bon niveau de piqué.
Le 18-200mm f/3.5-6.3 D : beaucoup de distorsion en courte focale, bon piqué et peu de vignetage, c’est une bonne optique pour qui veut une seule optique « universelle ».
Le 50mm f/1.4 : l’autre focale universelle, avec le bénéfice de l’ouverture et du poids. Mou à pleine ouverture, c’est une excellente optique dès f/4.
Le 50mm f/2.8 macro D : excellent à tout point de vue !
Philippe C