Vous avez décidé : vous allez vous acheter un reflex numérique pour les vacances !
Bravo !
Mais lequel ?
Nous vous avons concocté ce test pour vous aider à faire un choix parmi les reflex « d’entrée de gamme ».
Les protagonistes :
Bien sûr, le Canon EOS 350D, la vedette du marché. Puis son challenger, le Nikon D50.
Mais nous n’avons pas oublié les offres des autres marques qui sont plus actives que jamais sur ce marché hyper-concurrentiel :
Konica Minolta (maintenant SONY) avec le 5D que l’on peut toujours trouver en vente et qui pérennise ses accessoires avec l’annonce du futur SONY.
Samsung (ou si vous préférez « la marque d’entrée de gamme de Pentax ») : est-ce la peine d’investir dans le GX1S alors que la gamme Pentax K s’annonce ?
Olympus E-500 : avec la sortie du reflex numérique Panasonic, l’avenir du système 4/3 Olympus est conforté.
Nous avons testé ces reflex numériques avec leurs optiques « standard », à savoir :
pour le Canon, le 18-55mm f/3.5-5.6 EF-S
avec le Konica-Minolta, le 18-70mm f/3.5-5.6 D AF DT
le Nikon avec le 18-5((mm f/3.5-5.6G ED DEX
pour l’Olympus le 14-45mm f/3.5-5.6 Zuiko EZ
et enfin le Samsung était équipé du Schneider-Kreuznach D-Xenon 18-55mm f/3.5-5.6 AL
Le test est réalisé autour de 4 thèmes :
la qualité d’image.
- Après tout c’est le plus important. Des tests sur le terrain ont été menés, tous les reflex étant paramétrés à 200 ISO, en JPEG de la meilleure qualité disponible, sans post-traitement de l’image.
la facilité d’utilisation :
- ce n’est pas le tout de pouvoir réaliser des images, il faut que ce soit facilement réalisable
étendue des possibilités :
- si on achète un reflex numérique, c’est pour pouvoir aller « plus loin » dans l’utilisation de fonctionnalités avancées. Est-ce vraiment le cas ?
système :
- un reflex c’est un système (accessoires, optiques, flash...), que valent-ils et comment évoluent-ils ?
Qualité d’image :
1er : Nikon D50 : C’est bien sûr en partie subjectif mais le Nikon produit des images de qualité, agréables à regarder et fidèles. Le système de mesure matricielle de la couleur n’est certes pas du même niveau que le D70s et se fait parfois piéger mais dans l’ensemble le résultat est là. La preuve que le nombre de pixels ne fait pas tout : le traitement a également son importance !
2ème : Olympus E-500 : Des tonalités légèrement chaudes et une belle performance en piqué.
3ème : Samsung GX1S : des images « à la Pentax », claquantes, bien saturées. Une bonne qualité d’exposition. Le rendu des couleurs est moins « neutre » que sur le Nikon mais pas désagréable.
4ème : Konica-Minolta : Nous avons des problèmes de ciels qui ont de dôles de couleur (voir notre test complet) mais à part ça, de bons résultats.
5ème : Canon : Désolé, les images du 350D sont d’un excellent niveau mais... il faut être un expert. Le résultat « brut de fonderie » JPEG n’est pas au top, notamment à cause d’une réelle propension à la surexposition et une qualité de la mesure de la lumière qui n’est pas au niveau.
J’entends les cris d’ici : c’est le crime de lèse-majesté, le Canon est classé dernier ! Bon, tout d’abord relativisons : les résultats ne sont pas mauvais. Mais nous, nous n’avons « réussi » que 80% de nos photos avec le Canon, alors que le Nikon nous en a fourni 95% de bons résultats !
Facilité d’utilisation :
1er : Konica-Minolta : Très bonne étude ergonomique, il n’y a rien à dire
2ème : Canon : Facile à prendre en main, avec des commandes bien positionnées. Les menus sont aisés à comprendre et à utiliser.
3ème : Samsung : Pentax sait y faire, un boîtier très agréable. Dommage que certains menus soient un peu difficiles à trouver et même un peu compliqués à comprendre.
4ème : Nikon D50 : il vaut mieux être bien latéralisé pour utiliser le Nikon : par exemple, pour la compensation d’exposition au flash, il faut appuyer sur 2 boutons et... tourner la molette arrière en même temps ! Et l’ergonomie des Menus n’est pas toujours évidente.
5ème : Olympus : une superbe prise en main mais il faut se promener dans les Menus, trop souvent à notre goût, dès que l’on veut sortir de l’ordinaire.
En fait, il n’y a rien de dramatique et ces appareils se trouvent dans un mouchoir de poche. Mais le Konica-Minolta est tout de même mieux !
Etendue des possibilités :
1er : Olympus : il y a tout, ou presque. Bravo ! Et en plus il y a l’anti-poussière !
2ème : Canon : un appareil aux possibilités réellement étendues. On sent qu’il y a des gènes de 20D dans ce reflex !
3ème : Nikon : une superbe gestion du flash (la meilleure du marché) mais il y a des lacunes. Par exemple, l’on ne peut pas utiliser le flash intégré pour piloter d’autres flashes.
4ème : Konica-Minolta : L’anti-bougé est un « plus » indéniable mais les autres possibilités sont en retrait par apport aux autres reflex.
5ème : Samsung : C’est bien. Mais un cran en-dessous des concurrents et comme il n’a pas d’anti-bougé ou d’anti-poussière intégré... et qu’il fallait un dernier !
L’anti-poussière et l’anti-bougé intégré, voilà 2 bons arguments. Ensuite, là aussi ces appareils sont de bon niveau et offrent l’essentiel.
Système :
1ers : Nikon-Canon
3ème : Konica-Minolta
4ème : Samsung
5ème : Olympus
Nikon et Canon sont bien au-dessus de la mêlée. Et, objectivement, il est impossible de les départager pour des applications photographiques d’ordre général. Il n’y a que côté flash que Nikon, avec l’i-TTL prend le dessus mais Canon a ses optiques stabilisées USM... Ces deux marques ont développé ces dernières années une belle sélection d’optiques optimisées pour le numérique (Canon : EF-S et Nikon : DX Nikon ).
Du côté de Konica-Minolta, c’est un cran au-dessous mais avec, là aussi, un très beau choix et un excellent système flash. Et en prime le 5D stabilise toutes les optiques ! La présentation par Sony de son système reflex ALPHA, entièrement compatible avec les Konica-Minolta (et pour cause : c’est en bonne partie le système Minolta re-badgé Sony), avec l’association de l’opticien Zeiss, laisse présager un beau développement.
Samsung bénéficie d’une totale compatibilité avec le système reflex Pentax, qui est loin d’être ridicule, même s’il n’atteint pas l’exhaustivité des systèmes Canon et Nikon.
Enfin vient le système Olympus, qui est bien moins fourni que les précédents. Par contre, c’est un nouveau système, entièrement optimisé pour le numérique, ce qui lui confère une cohérence bien supérieure à tous les systèmes concurrents. Les résultats des tests que nous avons mené en apportent à chaque fois la preuve. En outre, avec l’arrivée de Panasonic et de Leica, ce sont deux références de l’électronique et de l’optique qui viennent en renfort du système 4/3 d’Olympus. Nous classons le système Olympus 4/3 en dernier mais, s’il n’apporte pas (encore) la quantité, la cohérence est bien là.
Alors, le gagnant ?
Pour nous, c’est le Nikon D50 pour un usage généraliste. Ensuite, il s’agit d’étudier le type de photo que vous souhaitez faire.
Le Konica-Minolta est le meilleur pour les prises de vue avec peu de lumière (anti-bougé + AF + contrôle du bruit aux sensibilités élevées),
L’Olympus pour la photo animalière (du fait du coefficient 2 du système 4/3),
Le Samsung si vous voyagez (c’est le plus léger) et si vous ne voulez pas un Pentax, sinon, attendez les nouveaux Pentax série K.
Et le Canon EOS 350D ? Si vous êtes prêt à vous impliquer dans la prise de vue et le post-traitement, c’est un excellent choix, au même titre que le Nikon et même peut-être mieux ! Il s’adresse, à notre avis, à une clientèle plus « experte » que ses concurrents. A notre avis, son véritable concurrent se nomme Canon EOS 30D...
Philippe C